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LE DEVOIR DE MÉMOIRE, POURQUOI ? par Abdelatif REBAH

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lundi, 19 juin 2017 20:26


LE DEVOIR DE MÉMOIRE, POURQUOI ?

par Abdelatif REBAH

Pourquoi préserver les racines de la mémoire de l’édification nationale ? Pourquoi faire mémoire de l’industrialisation ? Pourquoi rappeler cette époque et dans quel but ?

1. Un défi d’époque  : aujourd’hui, rappeler le passé n’est pas bienvenu. Nous vivons avec des nouvelles générations qui entrent dans l’histoire sans les mêmes références idéologiques du mouvement national, de la guerre de libération nationale, des luttes anti-impérialistes. Des générations éduquées, formées qui baignent dans des réseaux d’information et de communication jamais connus auparavant. C’est une époque qui valorise le présent, le court- terme, l’immédiat, où le rappel du passé est considéré comme un empêcheur de rêver d’avenir. On sait que les jeunes réagissent plus sur les thèmes immédiats, ayant trait aux études ou à l’entrée dans la vie professionnelle que sur des réflexions de long terme. On encourage chez eux le culte de l’immédiateté des avantages, la faculté de « remettre en question » mais pas la recherche des outils permettant de poser les questions ayant trait aux racines de leur situation. Pis, la légitime contestation d’un présent vécu négativement, au nom de l’exigence de justice et de dignité, entraîne le rejet du passé porteur de ces mêmes hautes valeurs. C’est la culture du « tabula rase ». Héritières de ce passé à la fois douloureux et héroïque, les nouvelles générations sont confrontées aux exigences de façonner leur présent selon leurs désirs et leurs rêves dans un contexte de défis et de contraintes multiformes et d’inquiétudes qui affectent leur capacité à penser leur avenir, à se projeter dans un avenir prévisible. Dans cette confrontation que peuvent leur apporter les enseignements qu’offre la connaissance de cette expérience d’édification nationale, qui est notre patrimoine commun ?

2. Le phénomène démographique de rupture de générationnelle
Aujourd’hui, seule une petite minorité d’Algériens (10%) a vécu sous l’emprise coloniale et a connu la période de la guerre d’indépendance. Le rythme élevé de renouvellement des générations conjugué à la fois à l’absence de tradition d’entretien de la mémoire collective- tout particulièrement pour ce qui concerne la période récente d’édification de l’économie nationale- et à une entreprise politicienne intéressée, non déclarée, d’occultation délibérée de la courte expérience d’industrialisation algérienne, a accentué ce phénomène de « blanc » dans la mémoire. Plus de trois décennies nous séparent du dernier plan de développement national mis en œuvre par l’Algérie. Que retiennent les jeunes de ce passé proche ? La société dans son ensemble, que garde-t-elle en mémoire de cette époque de mise en chantier du développement national ?
3. Un contexte de discontinuités politico-économiques majeures

Cinquante ans après l’indépendance, la question fondamentale des voies à prendre pour concrétiser les idéaux de Novembre 1954 visant à faire de l’Algérie un Etat national souverain, juste, prospère et solidaire est toujours en jeu. Depuis la fin des années 80, en Algérie comme ailleurs, il n’est plus possible d’énoncer une autre vérité que celle des « bienfaits » des réformes pour la libéralisation : bienfait de la concurrence des produits importés (stimulant des entreprises locales), bienfait des investissements étrangers (support du transfert de technologie, modèle d’organisation à imiter, occasion d’engager des partenariats dynamiques), bienfait des privatisations (libérant les initiatives et rationalisant la gestion des entreprises publiques, mastodontes paresseux et rentiers), etc Une idéologie de « l’échec recommencé » qui prétend régenter tout regard critique qui s’interroge sur le parcours de l’Algérie indépendante, œuvre à à présenter pour un fait acquis, évident que le développement national a été un fiasco qu’il s’agisse du développement industriel, agricole, social ou culturel. Les jeunes générations sont maintenues dans l’ignorance des lieux, des événements, des dates, des symboles qui jalonnent ce parcours et qui sont autant de bornes fondatrices de l’histoire de la construction de l’Algérie indépendante

Restituer la vérité des faits contre les déformations idéologiques et les entreprises médiatiques intéressées

Préjugés et présupposés abondent dès qu’il s’agit de bilan de l’Algérie postcoloniale. Sans revêtir systématiquement les traits excessifs et caricaturaux des écrits qui sont la marque de fabrique des nostalgiques de l’ex colonie, le tableau, dépeint par des regards algériens, n’est guère plus nuancé. L’inventaire des ratés, déboires et crises de la construction étatique-nationale tient lieu, en permanence, de bilan critique auquel doit sacrifier tout esprit d’analyse s’il ne veut pas encourir le soupçon d’être asservi au pouvoir. Cette lecture nationale de l’histoire de l’Algérie indépendante qui se veut « sans complaisance » s’inscrit dans l’air de la contestation, devenue systématique et de plus en plus radicale, de l’autoritarisme et du despotisme des régimes politiques postcoloniaux. Elle revisite la genèse de l’Etat indépendant dans un contexte de domination planétaire sans partage du libéralisme aux antipodes des temps où les vents d’émancipation nationale et sociale soufflaient sur tous les continents. Elle porte l’empreinte de l’hégémonie idéologique du libéralisme qui s’est étendue à l’Algérie et auquel elle emprunte ses cadres conceptuels d’analyse Mais, les erreurs, les faiblesses, les fautes commises, les reculs, les abandons, les dévoiements sont des aspects du processus historique de libération et d’émancipation nationale et sociale Il s’agit donc de restituer la vérité des faits contre les déformations idéologiques et les entreprises médiatiques intéressées

Préservation, transmission et utilisation de la mémoire des décennies du développement national : un sens et une utilité dans le processus de formation du citoyen

Donner à voir et à revoir les plus belles pages du développement économique et social national, dans la perspective de voir les nouvelles générations se réapproprier ce proche passé, renouveler et fertiliser son message émancipateur dans un nouvel élan bâtisseur
L’extraordinaire mobilité sociale des lendemains de l’indépendance, accélération de l’histoire qui a fait basculer des millions d’Algériens dans l’univers des attributs matériels de la vie moderne, jusqu’alors classe gardée de la population européenne.
Une industrialisation accélérée qui a transformé les données socio-économiques. La société algérienne prend pour la première fois de son histoire contact avec un spectre très diversifié de techniques modernes de production et de gestion. De jeunes Algériens s’initient aux formes modernes d’organisation et de gestion d’ensembles industriels
Le défi de jeter les bases d’une industrie nationale ex nihilo était relevé. Près de 1800 unités industrielles, 200 projets industriels dans les domaines du raffinage, de la liquéfaction du gaz, de la pétrochimie, des engrais, des plastiques, des pneumatiques, des grands hôpitaux et des universités ont été édifiés. En vingt ans, de 1967 à 1986, plus de deux millions de postes de travail nouveaux ont été crées. Le défi de jeter les bases d’une industrie nationale ex nihilo était relevé. L’Algérie produit des tracteurs, des wagons, des engrais, des grues, des moissonneuses-batteuses, des produits pharmaceutiques, des téléviseurs, des camions, des bus. « Des bourgs agricoles se sont transformés, en l’espace de quelques années, en authentiques villes industrielles comme Sidi Bel Abbès, devenue la capitale de l’électronique, » Annaba devenue la capitale de l’acier, Arzew celle de la pétrochimie, ou encore Skikda, Sétif et Biskra .Chaque commune est dotée d’au moins 3 écoles, un CEM, un centre de santé, un souk el fellah, chaque wilaya d’un centre universitaire.

Un besoin de repères

Se doter d’une connaissance commune des faits, des règles, du langage, des repères porteurs de sens, de valeurs, d’une vision du monde similaire, œuvrer à la prise de conscience de notre individualité historique
Un travail d’inventaire, de collecte, de classification et de conservation des matériaux de l’histoire du temps présent : constituer un Fonds
Identification des sources et des ressources de la mémoire des années d’édification nationale écrites, photos, filmées et sonores (nationales et étrangères) : organismes et institutions, personnalités, large public


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