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Les fausses idées sur la langue d’enseignement et le niveau des étudiants

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jeudi, 6 juillet 2017 23:35

Beaucoup d’enseignants se culpabilisent de ne pas pouvoir transmettre leur message efficacement en français, la langue d’enseignement à l’université. Ils constatent que la majorité des étudiants ne maîtrise pas cette langue et n’arrive donc pas à comprendre l’essentiel du cours. Ceux-ci traduit leur échec massif. Ce constat personne ne peux le contester. Ce qui peut être mis en doute c’est la conclusion hâtive et réductrice avancée par beaucoup d’entre nous. Le français, langue d’enseignement à l’université n’étant pas assimilé par la majorité des étudiants est fondamentalement la cause de la régression du niveau de nos étudiants. On ne peut pas dire que c’est totalement faux, mais ce n’est pas la raison fondamentale du décrochage des étudiants. De plus cette conclusion semble couler de source et tellement évidente que notre esprit l’adopte sans effort.
Réduire les causes de la baisse du niveau des étudiants dans notre système éducatif à une question de langue d’enseignement masquera les véritables raisons de l’Échec. De plus, le niveau des étudiants des sciences sociales et des sciences juridiques , arabisés depuis le primaire et qui suivent leur cursus dans la même langue dans le supérieur, reste médiocre. Il confirme que le problème est donc ailleurs.

L’université, comme toutes les institutions de l’État, n’est pas une entité qui évolue en dehors de la société. Les problèmes de l’université ne sont en réalité que les reflets de ceux de la société. Que ce soit dans sa gestion administrative ou pédagogique, le système éducatif subit les mêmes les tensions que la société. Violence, fraude et démobilisation n’épargnent pas le milieu universitaire. Par quel miracle,donc, l’école échapperait à l’état de crise qui secoue notre société depuis des années ?


Réformes du système éducatif algérien.


Notre système éducatif a connu plusieurs étapes de développement avant d’arriver à ce qu’il est aujourd’hui. La nécessité de faire face aux problèmes à chaque étape du développement de notre société imposait les réformes adéquates au yeux du gestionnaires du secteur. Brièvement, voici se qui caractérise les principales étapes du système éducatif algérien :

1. Période 1962-1968. Cette étape est marquée par deux phases. La première visait la mise en place de l’école de l’Algérie indépendante. L’objectif de le seconde phase a été de donner à l’école algérienne une identité. La réforme proposait l’introduction de nouveaux programmes des matières clés, comme l’histoire, la géographie et l’arabe.

2. Période 1970-1979 . La deuxième étape avait coïncidé avec la mise en œuvre des grands plans de développement. Le recours aux instituts de technologie est apparu donc nécessaire. La réforme de l’enseignement supérieur de 1971 devait, selon ses concepteurs, permettre de donner à la formation une certaines adéquation avec les projets d’industrialisation. En Avril 1976, l’ordonnance qui définit le projet global de l’éducation et de la formation (École fondamentale réforme inspirée du modèle de la RDA ) est publiée. Cette ordonnance prévoyait pour le premier palier (le primaire) un enseignement préparatoire non obligatoire et un autre polytechnique obligatoire de 9 ans. Pour le second palier (le secondaire) elle définit trois types d’enseignement, un enseignement secondaire général, un enseignement secondaire spécialisé et un enseignement secondaire technologique et professionnel préparant à l’emploi mais permettant également l’accès à des formations supérieures.

3 . Période 1980 à nos jours. L’application de cette ordonnance n’est mise en application qu’en 1980 suite aux résolution du 4ème congrès du FLN. Sur le terrain l’école fondamentale, vidée de son contenu polytechnique, fut un échec. Observons ici que le début des années 80 c’est aussi le début des remises en cause de la stratégie de développement et particulièrement de l’industrialisation. Ceci devrait naturellement se répercuter sur les objectifs fixés à l’école et l’enseignement supérieur. L’abandon du projet d’industrialisation n’a pas tardé, même si cela ne s’est fait de façon directe, de dévier l’université de son orientation scientifique et technique. La réforme de l’université de 1984 (connue aussi sous le nom la réforme Brerhi) consacrait le slogan "A chaque bachelier une place pédagogique" comme principe fondamental. En somme la gestion des flux devient la préoccupation principale des gestionnaires de l’université. Dans ce sens, une loi sur la planification des effectifs fut adoptée par l’assemblée populaire nationale( Octobre 1984). Toutes les réformes qui ont suivi depuis ne remettaient pas fondamentalement en question ces objectifs. La réforme LMD du supérieur , même si elle a nourrit beaucoup d’espoir chez de nombreux enseignants, n’avait pas d’autres objectifs que d’assujettir l’université algérienne à celles de la communauté européenne. Et, dans ce sens elle n’a débouché sur aucun résultat probant.



Sur la qualité de l’enseignement


Ces réformes du système éducatif obéissaient en réalité à des impératifs politiques dont l’objectif ou plutôt l’absence d’objectif était en conformité avec la mise en place ou l’abandon de la stratégie de développement tracée la première décennie de l’indépendance. A quoi pouvait servir le Savoir et le Savoir-faire si leur nécessité avait disparu avec l’abandon de l’industrialisation et de tout projet de développement national. Tout ce qui devient inutile n’est plus entretenu et perd de sa valeur. C’est malheureusement ce qui est arrivé au système éducatif. Depuis des décennies il a continué à fonctionner pour lui même. Et comme celui qui n’avance pas recule ; l’école s’est trouvé aux mains de certains qui l’ont transformée en un instrument d’endoctrinement politico-religieux. Ce sont là les raisons fondamentales qui ont mené l’université à la situation où elle se trouve aujourd’hui.

Le paradoxe de notre société, malgré les profondes mutations socio-économiques , la « marchandisation » des rapports dans les différentes institutions de l’État et du faible niveau des formations, la majorité de la population reste attaché à l’acquisition du Savoir et continue à encourager leurs enfants dans ce sens. Ces aspirations ne pouvaient à elles seules poser le problème de la qualité de l’enseignement. Au contraire, elles se sont traduites par la course aux diplômes, même si ceux là étaient vides de contenu. Situation qui n’a, aussi, jamais alerté les gestionnaires du secteur. En réalité, les diplômés qui arrivent , par « chance » , à décrocher un emploi, n’avaient aucun besoin de connaissances ou de Savoir. Le titre de Master suffisait souvent aussi à ouvrir des « perspectives » dans le secteur du commerce et dans beaucoup d’autres secteurs aussi.

Il est illusoire de croire que l’on peut améliorer la qualité de l’enseignement, que ce soit en langue arabe ou en français ou en une autre langue, sans adosser la réforme du système éducatif à un projet de développement national pour briser la dépendance en matière de technologie et de Savoir. L’éducation et la formation mettent en œuvre un effort collectif de plusieurs milliers d’acteurs. C’est le système mis en place qui doit garantir que que toutes ces énergies concourent a la réussite du projet pour une école performante.

La pertinence de la place de la langue et aussi de celle des méthodes pédagogiques dans le système éducatif, peuvent alors s’évaluer en fonction de la réalisation des objectifs programmés.

Le 2/07/2017
M.M


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