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RAÏNA porte la voix de l’Initiative populaire en Algérie pour la liberté, la justice sociale, la solidarité. Pour la fin des systèmes d’oppression et d’exploitation des peuples. Pour une alternative anticapitaliste.

Pour les elections d’aujourdhui

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jeudi, 29 novembre 2012 12:51

Pour les élections locales de demain, chacun d’entre nous a essayé de se faire une opinion de manière globale sur ce suffrage, mais aussi se faire une idée sur les candidats de sa commune et de sa circonscription. Heureux sont les citoyens qui ont pu se déterminer pour ne pas voter à l’aveuglette ou être obligés de s’abstenir.
Mais au fond que représente le vote de demain ?
Pour me faire une opinion, j’ai été chercher une analyse qui m’a bien plu à l’époque des législatives de mai 2012. Cette analyse est encore d’une brulante actualité. Nous livrons ce texte emprunté à la moubadara du 24 février pour les lecteurs de raîna
Mardi 13 mars 2012


Tentatives de comprendre les enjeux des prochaines élections législatives de Mai 2012.


La question qui semble préoccuper l’opinion publique, par médias interposés, à l’approche des échéances des élections du 10 mai prochain, est celle qui emportera la majorité à l’APN ? Les partis islamistes ? Les partis nationalistes ? Beaucoup vont même jusqu’à pronostiquer les résultats des partis en course. D’autres moins crédules à l’ouverture « démocratique » restent sceptiques et croient durs comme fer que le « pouvoir » n’hésitera pas à recourir aux dosages habituels.
Mais interrogions nous ! Est-ce que c’est là les questions importantes qui peuvent intéresser les électeurs ? Pourquoi les acteurs de la scène politique vaudraient ils nous faire croire que les prochaines consultations populaires sont si importantes ?
Ce que la majorité des électeurs attend des futurs députés et des partis dans la course pour arracher des sièges à l’assemblée, est qu’ils leur disent comment trouver les solutions aux multiples problèmes qui les préoccupent. Comment résoudre le problème du chômage des jeunes ? Pouvons nous continuer à acheter la paix sociale en distribuant l’argent du pétrole au risque d’ancrer l’esprit de rente chez les jeunes ? Les ressources des hydrocarbures du pays ne sont pas éternelles. Pourquoi hésite-t-on à créer des industries ? Comment créer des richesses renouvelables ? Quelle stratégie de développement faut-il adopter ? développer le secteur de santé et permettre à tous les citoyens de se soigner correctement n’est pas posée ?
Mais aller dans le sens que veulent réellement les électeurs et inscrire ces questions au centre du débat, les partis des futurs députés devraient, avant tout, poser les problèmes cruciaux de l’économie de rente, du secteur de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et aussi celui de la justice. Et dans ce cas d’autres questions s’imposeront dont les réponses dépendront de la nature du pouvoir : Veulent-il réellement une société où le travail est la seule richesse ? Souhaitent-ils une école moderne ouverte sur l’universel ou au contraire une école scolastique ? Veulent-ils une démocratie réelle ou seulement une démocratie de façade ?
Avant de comprendre les limites des partis dans la course aux élections, faisant d’abord le constat de notre situation.
Les tenants de la pensée économique libérale ont depuis longtemps poussé, en imposant, aux pouvoirs des pays en développement comme le notre, à se déconnecter de la société pour mieux servir les intérêts des sociétés multinationales. Cette politique consiste à vanter des modèles économiques prônant dans le cadre de la globalisation à abandonner l’investissement dans le domaine industriel. Alors qu’il n’y a pas de développement sans industrialisation. Pour le libéralisme, les pays comme le notre doivent seulement développer leur commerce extérieur en exportant soit des produits agricoles soit les hydrocarbures. Les autres secteurs nous ne sommes pas compétitifs. En réalité la Banque mondiale et le FMI défendent des intérêts d’autres groupes de nantis et leurs modèles doivent servir les intérêts des sociétés multinationales.
L’adoption d’une telle orientation dans notre pays s’est traduite par :
1. l’absence complète d’une stratégie d’industrialisation
2. Accaparement par les importateurs des biens de consommations d’une place prépondérante dans l’économie nationale.
3. Convergence d’intérêts entre la classe des nouveaux riches dans notre pays et celle des grands monopoles tenant de la politique libérale.
La classe dominante dans notre société, on le comprend bien, souhaiterait garder aussi longtemps que possible cette place de choix qui sert ses propres intérêts. Toute activité créatrice de richesse et tout investissement dans les branches économiques pour la production d’un tel ou tel produit ne seront pas tolérés. Leurs activités d’importateurs de bien de consommation se trouveraient menacées. Perpétuer l’économie de rente va dans le sens de sauvegarde de leurs propres intérêts et aussi des multinationales. En retour les pays impérialistes délivreront les bons points pour les régimes en place s’il trouvent que leur domination n’est pas remise en cause. L’impérialisme ne manque pas aussi d’intelligence, il s’adapte aux situations et peut remplacer facilement un « ami » chassé par la colère des démunis par un autre et ainsi continuer à dilapider les richesses des pays soumis tant que les forces de progrès restent minoritaires et les luttes des travailleurs insuffisantes pour peser sur la politique de leur pays.


On comprend maintenant comment la classe dominante et les tenants du système ne tiennent pas à changer fondamentalement la société dans l’intérêt du peuple dans toute sa majorité. Alors nous nous demanderons pourquoi les démunis et les déshérités ne prennent pas conscience de ces faits simples puisque la réalité de tous les jours en ait l’illustration concrète. Avant d’expliquer par quels moyens et instruments les masses sont manipulées pour être divisées et neutralisées nous rappelerons brièvement les mécanismes de fonctionnement du système.
Engels dans son livre « Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemandes (Editions sociales, pp71-78) » explique clairement ce fonctionnement. Nous adapterons ici son explication à notre cas.
A peine né, ce pouvoir commence à se rendre indépendant de la société pour devenir le systèmed’un groupe d’intérêt, reflétant ainsi les rapports de force qui domine la vie économique et publique de la société. Il fera prévaloir ensuite directement sa domination sur la société à travers le contrôle de fonctionnement des différentes institutions. Il suffit de voir quelle catégorie de la société tire le plus profit de la situation socio-économique et politique pour déterminer la nature de ce groupe et l’identifier. Ce groupe d’intérêt, engendré par le mouvement de la société, est le produit des mécanismes mis en place liés aux lois économiques en vigueur et à l’orientation de la politique adoptée. Si c’est une orientation pour le progrès et le développement ce sera les forces actives et productives et les élites scientifiques qui seront encouragées, mais si c’est le contraire, les richesses du pays (essentiellement naturelles) constitueront une rente distribuée aux éléments du système et ses soutiens. La domination du système met en place toutes les conditions nécessaires qui lui offrent la possibilité de formater la société et ainsi privilégier les intérêts du groupe. La société devient à son tour le produit du système agissant avec ses réflexes et ses repères.
La classe dominante au pouvoir crée alors sa propre idéologie par laquelle elle justifie sa politique aux yeux des masses. Elle utilise les instruments du pouvoir qu’elle possède (école, les médias et autres institutions) pour faire passer ses idées qui prennent diverses formes. Nous l’avons maintes fois constaté la classe dominante pour défendre ses intérêts instrumentalise le sentiment nationale et la croyance religieuse pour arriver à ses fins. Elle escamote en effet la liaison entre la situation des masses et les faits économiques. Ce qui se traduit que le lien entre la représentation du système au pouvoir véhiculée par l’idéologie dominante et les conditions matérielles de la société devient de plus en plus complexe et de plus en plus obscurcie.
Par exemple une privatisation d’entreprise ou un licenciement peuvent être présentés comme de des actes naturels de gestion si l’on fait admettre qu’il n’ya pas d’alternatives au libéralisme économique.
Les prochaines élections auront d’autres objectifs que ceux sensés remplir, c’est à dire entretenir l’illusion d’apporter des solutions aux problèmes mais sans changer en réalité le fond du problème. En somme « Tout changer pour ne rien changer ».


Ayant compris maintenant que quelque soit la configuration de la prochaine assemblée nationale, elle n’est pas de bonne augure pour les masses populaires. Alors que reste-t-il à faire ?
La seule alternative qui reste aux mains des masses populaires, chômeurs, travailleurs, salariés, est celle de s’organiser et lutter pour conquérir leurs droits. Nous devons aussi tenir compte de l’expérience. Les mouvements de protestation populaires pour le logement, contre le chômage, contre mille autres problèmes ne débouchent pas souvent sur leurs solutions car la nature du système ne peut le permettre. Certain type de problème ne peut être résolu que par la disparition du système lui même. Nécessité donc de mettre à nu l’idéologie véhiculée par le système pour ancrer l’esprit de lutte et éviter que les mouvements spontanés ne soient sans suite.
Le 11.03.2012
M.Morsatt


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