Contributions

Le Royaume et nous(1ère partie)

Nous n’en finirons jamais avec cette royauté en mal d’empire. C’est une pire situation historique que d’aligner ou de rapprocher une république, quelque soit son niveau d’évolution, ses forces et ses faiblesses, avec un système royal archaïque bardé et fardé de mimétismes et d’emprunt de modernité objectant à vouloir à tout prix le faire admettre aux yeux de l’opinion publique internationale en masquant le sens et surtout la nature de son système. Cette situation serait peut être sans grande conséquence si cela se limitait à la forme. C’est que le système royal garde, au risque de nous induire en erreurs, certains principes et caractéristiques relevant de l’absolutisme de fait d’un souverain régnant, quant au fond, sans partage. Si nous voulons essayer de comprendre les fondements de cette royauté voisine, il faut remonter aux caractéristiques de la féodalité et à son mode de production ainsi qu’à sa domination sociale et politique exercée sur le peuple frère marocain. De façon générale, de ce que nous avons saisi, le système médiéval nous a habitué à constater que le régime politique dominant était constamment motivé par un esprit guerrier, violent et agressif porté par un besoin inassouvi d’expansion au détriment d’autres provinces et royaumes. Ce désir d’expansion des royaumes et d’exportation incessante de guerres avait pour objectif d’assouvir l’esprit de domination, de puissance par l’accaparement des richesses et des terres d’autrui par le biais des razzias et autres massacres. Ainsi les grands souverains, par leur vision expansionniste visaient à s’accaparer des provinces mais aussi d’autres pays en vue de constituer des empires, but ultime de grandeur, de richesse et de rayonnement pour certains monarques plus ambitieux. Les richesses accumulées ou butins de guerres ont servi à assouvir ce désir de grandeur et de domination et pour entretenir des guerres successives. Elles s’ajoutaient à celles tirées de l’exploitation éhontée des peuples qui payaient de lourds tributs par le prélèvement sur les productions agricoles la lever des impôts, la confiscation par la force des biens, l’enrôlement de force dans les armées ainsi que par le recours à l’endettement par ailleurs, jamais honoré. Les souverains levaient et entretenaient des armées prêtes à porter le combat mais aussi une cour vivant de rentes provenant de l’exploitation de terres concédées par le Roi et ou des avantages concédés par ce dernier. A travers les concessions octroyées et l’entretien de cette cour les dépenses étaient exorbitantes, dont profitaient les seigneurs et les dignitaires qui composaient cette cour. La légitimité de la royauté a longtemps était acquise grâce au lien de sang qu’a le souverain dans la lignée de descendants directs de familles de la royauté qui elles mêmes sont de descendance religieuse. Outre l’hérédité, le caractère religieux chez la royauté a été prédominent dans la représentation. De cette hérédité religieuse, le roi est considéré dans ce cas comme le représentant de Dieu sur terre. Il ne peut pas se tromper et a toujours indiscutablement raison puisqu’il incarne la volonté de Dieu. Le roi est seul souverain, l’être humain est un objet dépendant de la seule volonté royale.  Bien plus que cela, ayant profité de cette légitimité, les souverains ont su aussi attiser les fibres nationalistes aiguisées contre d’autres peuples et contrées pour arriver à leurs fins et asseoir leur domination. Ils ont poussé à leur comble les méthodes violentes, de sauvagerie et de barbarie à l’issue des combats Aussi rien ne se réglait par les discussions et les négociations : se soumettre ou se démettre, telle est la règle Animée par des visions guerrières tactiques, ils nouent dans l’immédiat des alliances qu’ils font et défont au grès des circonstances et des rapports de forces du moment, ceci afin d’atteindre leurs objectifs d’expansion de soumission et de domination. Ces alliances sont souvent obtenues grâce à des mariages monnayés (par des dotes substantielles) , de « convenance » entre princes et princesses ou des concessions sur des butins chichement rétribuées. Ces arrangements ont souvent servi de gage d’engagement et de sécurité, pour affermir « la confiance ». Ces alliances et rapprochement font souvent l’objet de tractations et de marchandage. Ce système dont l’animation mouvementée par les guerres perpétuelles reposait sur un mode de production non reproductif dont les surplus, et y compris les butins de guerre, étaient destinés soit aux fastes dépenses de la cour et de son entretien, soit au mouvement expansionniste sans cesse renouvelé à la recherche de surplus et de la grandeur, à travers les guerres. Ces quelques traits caractéristiques de la monarchie qui ressortent à travers l’histoire et l’absolution de son règne la finalement amené à la décadence.  Le système féodal de l’époque a fini par s’embourber dans ses propres contradictions d’un système reproductif en fait que de misère, d’épidémies, de guerre et de violence qui, finalement ne pouvait offrir de perspectives de développement et de reproduction pour l’humanité. Confronté à des soulèvements populaires forgés par la lassitude et lr mépris des masses, Il s’est, en effet, condamné par lui-même à la décadence ou, sinon, à s’adapter au nouveau système promu qu’est le capitalisme qui lui aussi charrie ses propres contradictions, dont la première est celle d’avoir permis le maintien et la cohabitation avec un système archaïque et démesurément dépassé. Entre autre façons de tirer profit du système féodal : Le capitalisme a toujours su contourner la réalité de certaines entités afin d’asseoir au mieux sa domination pour peu que ces entités archaïques admettent la soumission. Dans son apogée, le nouveau système promu a su tirer profit et enseignements du système féodal, pour monter et étaler sa politique colonialiste barbare et violente de soumission des peuples et des contrées y compris celles si lointaines, à la recherche constante de l’expansion et des surplus. Dans la foulée, il a su intégrer dans sa politique de ralliement de ses propres masses, la recherche par l’aliénation grâce à la représentation de la grandeur et le prestige de la nation, l’utilisation de l’église et d’une idéologie chauvine, nationaliste et raciste, fondée sur le suprémacisme. Le capitalisme a même intégré la pratique de l’esclavage pendant longtemps de même que l’exploitation des enfants travaillant dans les mines … Mais ceci est une autre affaire. Aussi pour revenir à la monarchie, de ces exceptions épargnées, certaines se sont adaptées par le maintien de la couronne mais pour uniquement une certaine représentation symbolique et les attraits extérieurs. Traits fondamentaux d’un Etat royal se voulant moderne, elle est désormais démunie de tous pouvoirs régaliens de lever des armées et l’impôt, de déclarer les guerres, de s’immiscer de la gouvernance de l’Etat et des institutions. Elle a finalement perdue dans ce cas toute la verve de son absolutisme pour devenir une monarchie dite, «  éclairée » dans le cas des pays occidentaux. L’entretien et le maintien des royaumes reviennent néanmoins chers aux budgets des Etats, c’est là la conséquence historique du maintien du « règne » des monarques  qui semble s’adapter à la situation pour peu que le maintien de certains privilèges coûteux et honorifiques émargeant au budget des Etats soit assuré. Dans ce cas les monarques tout en se maintenant, ils perdent la souveraineté sur les Etats qui dévolue désormais aux urnes et donc au peuple, d’où l’apparition de la légitimité populaire. La souveraineté ne relève plus de la monarchie. La gouvernance des Etats modernes fait appel désormais à la rationalité afin d’éviter toute dérive absolutiste sur les moyens de l’Etat, sur les hommes et les relations internationales. Le système féodal a quasiment disparu dans les pays sous développés pour laisser place à des républiques. L’attachement à la modernité des mouvements de libération nationale dans le monde sous domination coloniale, a permis la promotion et l’option rationnelle dans la gouvernance des Etats devenus républicains à l’indépendance sous l’impulsion des exigences des luttes des masses populaires. Cependant, maintenu dans son caractère absolutiste, son existence persiste hélas dans certains pays arabes. Ils ont le mal de porter cet héritage et ont du mal à soigner leur image pour s’adapter dans le monde moderne actuel : à voir le caractère dispendieux de certaines dépenses de prestige et la réalisation somptueuse d’édifices pour tenter de se faire admettre à travers des effets clinquants de modernité, mais et surtout des énormes concessions faites pour assurer leurs alliances, leurs protections et, surtout, leur maintien. Ils traînent, néanmoins, aux yeux des opinions internationales leur caractère autocratique.  Il se trouve que, cruauté de destin oblige, à côté de nous, une monarchie absolue persiste. Soulignons toutefois que la destinée de celle-ci dépendra de la seule volonté du peuple frère marocain. Nous ne nourrissons aucune prétention ni animation à vouloir nuire ou à devancer le choix du peuple frère. Notre souci est uniquement de rapprocher un système monarchique de celui d’une république qui représente pour nous un système qualitativement avancé malgré ses avatars voire ses faiblesses. Par contre, théoriquement. La réalité nous oblige à admettre l’existence d’une monarchie absolutiste à côté, et ce malgré ses capacités de nuisance que nous avons su contenir jusqu’ici. Il se trouve justement, qu’au niveau du Maroc, un bon nombre des traits caractéristiques d’une monarchie absolue sont maintenus de par l’existence d’un monarque qui détient les pouvoirs sur la gouvernance, sur la politique extérieure, la main mise sur les institutions et sur les hommes en exercice, en bref tous les droits régaliens. Des élections ont lieu au Maroc, mais L’utilitarisme est discrètement manipulé par le Makhzen dans les choix électoraux ainsi que dans le choix de ces hommes et de l’alternance même des courants selon les circonstances politiques, à la convenance de la cour et de l’opinion internationale. Autre caractéristique apparenté à la féodalité du royaume chérifien est l’expansionnisme  : s’appuyant au départ sur la cour et sur des partis nationalistes tels que L’Istiqlal et le mouvement de Aherdane, ainsi que sur les notables et dignitaires du royaume, le monarque, Outrepassant le contenu des accords internationaux sur la décolonisation, a entretenu des prétentions expansionnistes territoriales sur l’Algérie, la Mauritanie, le Sénégal et dernièrement, en 1973, de fait, sur le territoire du Sahara occidental. La question du Sahara a rameutée, depuis et au profit du royaume, le soutien de toute la classe politique marocaine, partis de gauche compris ( P.P.S et USFP, les deux apparentés désormais à la social démocratie et, par delà, acquis également au nationalisme chauviniste). L’entretien de l’esprit expansionniste nécessite cependant la réunion de ressources toujours plus importantes dans la course aux armements, obligeant les peuples de la région à supporter le lourd fardeau pour financer les effets de la menace de cet expansionnisme et, pour le royaume chérifien, l’accroissement du niveau de la dette extérieure, par conséquent celle de la misère des masses populaires. L’entretien de la cour et du makhzen constitue une rente prélevée sur le budget de l’Etat. Il doit coûter de plus en plus cher, permettant l’accumulation des richesses des proches du royaume. A contrario, La misère des couches sociales populaires de plus en plus paupérisées est à la mesure des niveaux dispendieux de cet égoïsme et avide entretien de la stupidité de par cet expansionnisme et de la course aux armements qui lui est corolaire. L’entretien d’un tel état d’ esprit guerrier fait d’agressivité ne peut se contenir au niveau du respect de bon voisinage des nations environnantes La monarchie exerce une farouche oppression sur son peuple. Pour cela, le monarque marocain a recours à des subterfuges et à des stratagèmes au plan national et international pour se maintenir. Il agit à la limite, en dehors et par contours des lois et décisions internationales et par le reniement de ses engagements envers le Polisario par exemple. Idem pour les monarques d’entant qui défiaient tout accord et toutes règles de bon voisinage sur la base de prétextes fallacieux pour porter des guerres expansionnistes à leur bon vouloir, y compris en engageant des expéditions très coûteuses sur le plan humain et financier.  Autre trait caractéristique repris par ces va t’en guerre, le recours à des alliances parfois même contre nature, fondées sur des démarches uniquement tactiques et opportunistes du moment, faites au mépris de l’avis de leur peuple. Ces alliances d’intérêt monnayées comme celle réalisées avec Israël, dans le cadre de la triangulaire, se sont faites sur la base du reniement des principes considérés jusqu’ici comme intangible par le monarque lui même, à travers ses discours et par toute l’opinion marocaine. Absence manifeste de ligne de conduite, de principe, de comportement et d’engagement, tout est voué avant tout à l’intérêt propre. Le machiavélisme est porté à son comble, on masque la vérité, on fait semblant de sous estimer des faits, on tourne et on retourne les situations où l’on se place toujours en plaignant, bref, on vous caresse d’une main tout en vous étranglant de l’autre, on monte toute une machine à répétition pour proférer des insultes constantes et à longueur des journées, envers l’Algérie et les Algériens mais ils se disent agressés et insultés : étrange situation proche des malades schizophréniques dominés par une double voix. Dans l’état actuel des choses, il est devenu bien difficile d’espérer un quelconque bon voisinage. Imaginons un instant si ce pays aurait les coudées franches envers l’Algérie… Par conséquent nous avons principalement grand intérêt et une plus grande attention à porter à la défense de l’intégrité de notre pays et à l’utilité de notre Armée. Aussi avons-nous grand intérêt d’œuvrer pour une plus grande efficacité de renforcement de nos capacités de défense et celle de notre armée dans sa politique de formation, dans sa maîtrise des nouvelles technologies militaires directes et indirectes et de même, dans la conception et la fabrication des moyens de combat, de défense militaire et para militaire. D’œuvrer à la définition d’une politique de veille défensive en permanence. De procéder à la mobilisation de notre peuple et de porter celle ci à la hauteur des dangers en tous genres qui se trament contre notre pays et notre peuple, pouvant émaner à tout moment du Maroc, mai aussi de la France qui semble être aux abois et des mouvements intégristes dont le caractère permanent n’est pas à rappeler. Finalement, en guise de rapprochement faites par certaines expressions politiques de gauche et de droite en Algérie ( comme d’ailleurs leur ignorance objective de l’impérialisme et de ses valets), certains ont tendance à agir en occultant la nature même de la monarchie absolutiste, la nature même de l’impérialisme dans leur propos et écrits. Aussi, leur angle de vue n’a aucune commune mesure des dangers qui guettent le pays. Justement, de par le contexte historique propre, l’Algérie s’est distinguée par la fondation d’une république de par ses textes fondateurs de base, perpétuant les principes fondateurs de liberté, d’égalité et de démocratie. L’attachement à sa souveraineté ainsi qu’aux soutiens qu’elle apporte aux peuples irritent les dominants. Il est vrai que la réalité a été tout autre de par le fourvoiement d’une politique libérale qui a remis en cause sous Chadli les acquis précieux de développement économique et social et de par l’accentuation de l’autoritarisme dans la vie politique du pays sous l’action destructrice et, acharnée de la police politique. Cette politique de démission a été ensuite prolongée et instrumentée par la Issaba durant des décennies. Elle a appauvri beaucoup plus le pays en accentuant la gabegie, les passes droits et la corruption. Cette politique ayant poursuivi les conseils et les recommandations entre autres du F.M.I et de la Banque Mondiale a non seulement dépouillé le pays de ses tâches d’édification et de libération nationale, renforçant par cela le dictat des multinationales. La politique de marché prodiguée, a accru les inégalités sociales, la pauvreté et le sentiment de la mal vie des masses populaires. Face à cela et au nom des principes sacro saint du libéralisme, du «  laissez faire, laissez aller », certaines fortunes se sont constituées au détriment des intérêts du peuple et de l’essor du pays le précipitant dans les affres du sous développement, de l’arriération et tout ce que nous pouvons en déduire. Si, de nos jours, cette politique aventuriste se perpétue, elle mettrait à termes, le pays en danger de perte de sa souveraineté et de ses moyens d’expression propre acquis qui seront désormais mis à la soumission des pays dominants. Ce n’est pas vrai : le capitalisme ne peut dans la réalité actuelle de dominants et de dominés, offrir des solutions de rechange et de réelles perspectives de développement. On finira par hériter des tares de ce système et de ses contradictions ( soumission, inégalités sociales, exploitation … ) et non pas de possibilité réelles de croissance et de développement et le risque d’éclatement du pays grâce entre autres à l’instrumentalisation des éléments identitaires que des forces impérialistes ont d’ores et déjà initiés.  à suivre…

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