Contributions

Le royaume et nous(2ème partie)

A la fin des années 70, l’Algérie avait, au contraire, besoin de poursuivre sa voie de développement en procédant à des réformes QUALITATIVES pour l’amélioration des tâches d’édification nationale et non pas agir par reniement et précipité le pays dans un recul social économique et politique avec une accumulation des problèmes non résolus de départ dus au sous développement, avec l’accroissement de l’autoritarisme, du chômage, du logement, du cout de la vie, des effets de l’essor démographique, des problèmes de santé, etc. Cette politique d’abandon a permis de céder un terrain de prédilection à l’intégrisme qui a entraîné le pays dans la décennie noire, exploitant à des fins politiques l’ensemble de ces problèmes, bien évidemment sans en donner les solutions. Cette politique de reniement c’est traduite aussi par un abandon de la place et du rôle actif du pays sur la scène internationale et de l’affirmation de ses principes de justice et de liberté. 

Il restait néanmoins, pour nous, l’existence d’une république et des institutions acquises partant de la revendication de nos parents pour une Algérie sociale libre et démocratique telle énoncée par la déclaration du 1er Novembre 54. Ces acquis qui, dans les faits, demeurent toujours en état d’amélioration dans la situation actuelle, pour une meilleure convenance et adaptation afin de mieux répondre aux exigences populaires, sans occulter le problème de démocratie dans toute sa dimension économique, social, politique et culturelle qui ne peut être limité à sa plus simple expression du droit de vote et à l’énonciation des droits fictifs énoncés sous le libéralisme.

Justement et comparée à une monarchie, Le ressort d’une république réside dans sa capacité de réagir et de remettre en cause à tout moment une quelconque duperie et mésaventure, y compris, en ce qui nous concerne, celles que nous avons vécues jusqu’ici sans oublier les affres de la décennie noire et du redressement qui en ait suivi grâce à l’intervention et la conjonction de notre armée et des masses populaires. C’est ce que nous retenons aussi du Hirak dans sa 1ère phase. La pression populaire a été telle qu’elle a pu arrêter les affres de la Hissaba, en demandant l’intervention de l’Armée. Ce sursaut populaire a permis l’arrêt du processus politique de gouvernance du pays et des institutions, bâti sur la duperie et la gabegie. Il a pu aboutir à la remise en cause même des institutions de gouvernance et des équipes qui les animaient. 

De bon grés ou mal grés, le pays remis sur les rails, est condamné, une nouvelle fois, à poursuivre à jamais les objectifs tracés par nos aïeux et nos parents pour la défense et la souveraineté du pays avec tout cela sous tend et de contrer les menaces toujours présentes des pays impérialistes et de ses valets d’où qu’elles viennent. Le pays a été remis encore une fois sur les rails en reprenant l’initiative de sa destinée. Reste maintenant si on est en mesure de perpétuer le mouvement de libération nationale ou, à contrario d’évoluer, à travers la voie tracée de concessions en concessions, aux forces dominatrices mondiales et leurs valets, y compris internes. Les luttes à venir de maintien de la souveraineté nationale, de la défense de nos intérêts nationaux, l’amorce d’une politique de développement authentiquement nationale, de mesures sociales à caractère populaire et la protection des acquis sociaux (qui passent de mauvais moments avec le projet de loi de finances 2O22), la promotion et le renforcement d’un tissu politique et de la représentativité conséquente des partis en vue d’une animation social et politique à la hauteur de l’importance politique du pays et du niveau de politisation des masses, le soutien conséquent et la solidarité avec les pays en luttes pour la liberté et l’indépendance (Palestine Sahara Occidental, Nouvelle Calédonie …), le soutien aux peules africains et autres dans leurs luttes pour la liberté… vont permettre de tracer ou non la voie vers l’essor du pays. « l’alternance » libérale et même progressivement intégrale nous guette avec tout ce que cela pré suppose de changement au niveau du pouvoir et de ses conséquences avec l’affirmation d’une bourgeoisie marchande secondée par des partis libéraux qui prendraient les raines de décisions pour aller vers l’abandon de notre souveraineté, celle de notre rang de liberté et gagner la soumission au service des dominateurs de ce monde…

Ce travail de rapprochement est tourné effectivement vers les deux pays. C’est pour cela que nous ne pouvons éluder notre situation. Justement, de par son entité républicaine ce dernier peut cependant se permettre de tracer des perspectives de développement de nature populaire et de se positionner sur la scène internationale sans risque de concussion, de concessions ( comme pour le Maroc ) pour arracher des soutiens ou de compromission et d’obtenir le respect et l’égalité des relations afin d’ imposer au mieux nos droits sur le plan international.

Dans les relations toujours tumultueuses entre l’Algérie et le Maroc, ce dernier a toujours agit en comptant jusqu’ici sur un certain état d’esprit de retenue et d’attitude défensive des Gouvernants Algériens. Les choses ont effectivement changé depuis peu. On se félicite de cette nouvelle attitude plus expressive qui exprime notre personnalité et nos principes. Dans un de notre article précédent sur Raïna, nous avons souhaité que notre pays puisse s’imposer et donner la réplique à tous les dangers qui pèsent sur nous en indexant les auteurs quels qu’ils soient.

En matière de comportement et de relations d’avec le Maroc, de mémoire, nous ne pouvons constater hélas que de l’animosité, pour le moins qu’on puisse dire, existante depuis bien longtemps en remontant dans le temps. Prenons l’exemple de l’Emir Abdelkader qui, pendant qu’il tenait tête avec ses troupes à l’envahisseur français, le royaume chérifien de l’époque a non seulement refusé d’aider la résistance algérienne, mais a essayé de profiter de la situation en organisant des expéditions de razzias sur les vivres et les bêtes des contrées algériennes, désormais sans protection. Ce jeu de traitrise est mené pour que la résistance soit tentée de mener le combat sur deux fronts de provocations et affaiblir ses forces face à l’envahisseur français. Le royaume chérifien avait auparavant reçu la certitude d’être épargné à condition de prêter main forte aux forces coloniales L’Emir n’est pas bien sûr tombé dans le piège. Il a préféré laisser faire ces pillages plutôt que d’affaiblir le front contre les envahisseurs français.

Le récit du détournement d’avion effectué par les services secrets français nous revient à l’esprit. Cet avion convoyait des leaders de la révolution algérienne, piloté par un pilote français. Il a été détourné sur la France grâce à la complicité et la duplicité du royaume. Ces militants ont été emprisonnés jusqu’ à l’indépendance du pays.

Des parents nous ont raconté les mésaventures vécues au Maroc par les Algériens, dans les années 40 et 50, obligés de s’exiler de force ou d’être exilés pour échapper à la police coloniale à cause de leurs activités militantes. Considérés comme des bandits, ils étaient méprisés et soumis à des conditions de vie déplorables. Ils subissaient des insultes et un rejet manifeste, notamment émanant de certains notables qui envoyaient des enfants les insulter et les incriminer. Tel a été un certain comportement à notre égard par ces notables qui, fort de leur protectorat, se considéraient dans une situation supérieure à la nôtre. « Algériennes douzième (comprenez 2ème) francisse » leur lançaient partout au Maroc ces enfants remontés. On a su depuis, qui a défendu sa terre et maintenu ses valeurs culturelles et historiques avec dignité. De par son expérience de combat ajoutée à ses valeurs il en a fait entre autres des principes de justice, de respect et de dignité pour la question palestinienne et sahraouie, notamment. Par contre, nos parents, bien au contraire, ont souligné le bon accueil du peuple marocain, et nous ont relaté les bonnes relations et des échanges culturels, musicaux, théâtraux … qui ont existé spontanément partant et en permanence entretenus entre nos deux peuples. En effet, de ces relations, notre chaabi s’est enrichi et s’est consolidé, l’entretien et la diffusion de la lutte commune anti colonialiste s’est perpétuée et développée. Bien plus que cela, nous avons des raisons évidentes de demeurer solidaire avec ce peuple frère.

C’est pour cela qu’Il nous est impossible, voire inconcevable, d’admettre l’envoi des adolescents et des enfants forcer la frontière d’un pays voisin à l’effet d’un marchandage. De même qu’il est inconcevable d’admettre l’existence d’un Etat d’apartheid sur le dos du peuple frère palestinien. La reconnaissance de l’Etat d’Israël a fait l’objet, encore une fois, d’un marchandage honteux et inhumain. Autre fait significatif, les royaumes arabes en plus de l’Egypte se retrouvent seuls signataires des accords dits d’Abraham. Des alliances de soutien et de solidarité existent entre ces couronnes qui baignent dans l’absolutisme et l’autoritarisme. C’est le cas concret de l’agression du Yémen par l’internationale des royaumes arabes et le soutien inconditionnel récent de l’Arabie Saoudite et du royaume Hachemite au royaume chérifien sur la question du Sahara.

Le Maroc développe sciemment une politique directe d’empoisonnement de la vie en ciblant notre jeunesse à travers l’envoi de quantités astronomiques de drogue qu’il veut dissimuler et faire passer à travers les frontières grâce à des trafiquants. En mieux, (sic !), à fin de démontrer un côté légaliste pour l’opinion publique internationale, des trafiquants de drogue algériens qui vivaient au Maroc ont été arrêtés et transférés en Algérie. Manière de dire que ce trafic est aussi animé par des Algériens dans ce pays. Pourtant, Il n’y a pas un jour où les services de sécurité algérienne n’interceptent pas des quantités de kif et d’opium au passage des frontières avec le Maroc.

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