Société

Le CIERGE Et La Flammèche… par REDA DOUMAZ

Le CIERGE Et La Flammèche…

Adages ; proverbes ; sentences populaires ; romances ; convivialité ; nostalgie …A travers tous ces espaces de la pensée, la notion de la chandelle qui éclaire les autres en se brulant par sa propre flamme est omniprésente dans toutes les sociétés du monde. Chez nous nombreux sont les poètes qui se sont surpassés à traiter ce sujet. Qui de nous ne connait pas la célèbre chanson : -Qolili Billahh Ya Echem3a/Wa3lach 3’lik Belbka Wennas Fi lefrah’/Mal Lihha D’Mou3ek Tenhhmar/Foq El H’eska T’sil Beddem’3 Hh’ttila ?
(Par Dieu Ô. Bougie/dis moi pourquoi pleures-tu alors que tous les gens autour de toi sont en fête/et tes larmes en pluie coulent le long du bougeoir ?).
Après moult questionnements, nos poètes donnent la parole à la bougie qui se lance dans une plaidoirie. Ou plutôt un réquisitoire qui explique longuement sa déconvenue et la cause de ses pleures…
Elle relate tout le processus de sa fabrication depuis son état de cire d’abeille. Ce qui nous permet de passer en revue tout les métiers traditionnel s et l’ingéniosité que l’homme met au service de son bien être à lui. Suit alors tout un listing de son utilisation (avant les frères Lumières bien sûr…) comme tous les gestes de la vie : lire, écrire, manger…Bref, voir dans l’obscurité. Elle décrit aussi la quiétude qu’elle suggère dans les lieux de culte ; la joie que partagent les convives d’une fête grâce à sa lueur. Elle se dit aussi être l’unique présence acceptée dans la grande intimité des ‘couples’ et la seule à savoir beaucoup de leurs secrets…Jusqu’au poète lui-même qu’elle interroge : – ne suis-je pas ta compagne d’infortune ; ta muse ; la lumière qui éclaire ton esprit quand tu le sens assombri ? Ne vois-tu pas que je me consume pour ton confort ?
Touche ma flamme et tu prendras conscience de ce que j’endure…Quand l’homme cessera de me considérer comme un vulgaire accessoire dont il se débarrasse sans état d’âme, et comprendra que le Tout Puissant m’a désigné comme symbole de l’ Altruisme …Je cesserais peut être de pleurer.
Mais au fait lui dit elle, le mortel ne peut être bon et reconnaissant que par la grâce du Créateur. Il est ainsi conçu .Apprenti de la bonté dès son jeune âge, il prend peu à peu en grandissant le chemin de la mégalomanie qui lui suggère qu’il est le meilleur ; le plus intelligent ; le plus fort ; le plus…le plus…jusqu’à oublier qu’il ya la mort qui le guette au coin de sa rue ; au pied de son lit ou même dans ces toilettes. Mais entre temps il aura fait énormément de mal à ses semblables.
En ces temps de disette en matière de bonté et de générosité, la diatribe du cierge qui pleure me fait rappeler tous ces hommes et femmes qui ont payé de leurs chaires et leur sang pour que nous soyons aujourd’hui ce que nous sommes. Aussi permettez moi de dire au nom de tous que : l’Altruisme Est Un Don Divin et l’Ingratitude s’En Nourrie.
redadoumaz56@gmail.com

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