Société

Les laboureurs s’en vont, l’ami. La semence reste.

Les laboureurs s’en vont, l’ami. La semence reste. Et germe. Et pousse. Et porte des fruits. Et jette de nouvelles semences sur le sol. Et le cycle se répète.
Noureddine Abdelmoumene, un lutteur au long cours, fidèle jusqu’au dernier souffle à l’idéal du socialisme, nous a quittés. Il n’était pas connu du grand public, pas sur les devants de la scène, pas le genre de militants qu’affectionnent les médias. Sa valeur est inversement proportionnelle à sa notoriété. Il aurait pu rejoindre outre méditerranée les rangs de la nombreuse et prestigieuse diaspora du PAGS, dans laquelle il comptait d’ailleurs, nombre de ses anciens camarades de la direction. Il a choisi de rester et de continuer ici le combat pour la réalisation de ses idéaux, malgré la terreur intégriste sanglante dont nous étions l’une des cibles privilégiées. Malgré la précarité, alors, de son statut socioprofessionnel. Toujours présent dans les moments durs, partageant sur le terrain, la douleur de ses camarades et de leurs proches ou se jetant dans la bataille pour remonter la pente, malgré le reflux terrible des forces acquises au socialisme. Je garde le souvenir ému de son évocation touchante de ma mère, à l’occasion de la sortie du livre « Des chemins et des Hommes » de Mohammed Rebah, en novembre 2009.J’ai toujours en mémoire son intervention, à la Librairie El Ijtihad, en avril 2012, lors de la rencontre-dédicace de mon livre « Le développement national contrarié ». Il avait tenu à mettre en exergue, au-delà du bilan de 30 années de casse libérale, le contenu mobilisateur du livre pour développer les luttes pour remettre notre pays dans la voie de l’indépendance nationale et du progrès social. Le souffle déclinant de ses poumons souffrants l’avait contraint de s’installer sur les collines de La Chiffa, aux pieds du massif de Chréa. C’est non loin de là qu’il a été enterré. Quelle symbolique ! Comme s’il avait été rejoindre ces glorieux maquisards de la wylaya 4 qui ont donné leur vie pour une Algérie libre, démocratique et sociale.Unis dans le même combat

Abdeltif Rebah

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